Une saison avec un astérisque

30 March 2012:  Chicago Bulls small forward Luol Deng (9) and Chicago Bulls shooting guard Ronnie Brewer (11) are seen during the players introduction prior to the Chicago Bulls 83-71 victory over the Detroit Pistons at the United Center, Chicago, Illinois, USA. © Chris Elise

30 March 2012: Chicago Bulls small forward Luol Deng (9) and Chicago Bulls shooting guard Ronnie Brewer (11) are seen during the players introduction prior to the Chicago Bulls 83-71 victory over the Detroit Pistons at the United Center, Chicago, Illinois, USA. © Chris Elise

12 heures de transit à l’aéroport de Toronto, en chemin entre Boston et Paris, me donnent largement l’occasion de prendre un peu de recul sur cette saison NBA qui va laisser la place aux playoffs dans quelques semaines, et d’essayer de faire un bilan de ce que j’ai pu en apprendre.

Enfin plus qu’un bilan détaillé, voici une liste, en vrac, de remarques, de notes, de réflexions et aussi de mauvaise foi assumée parfois (Let’s go BULLS !), après avoir mixé l’expérience de près de 2 mois passés aux USA depuis le début de cette saison tronquée, de deux dizaines de matchs couverts au bord du parquet, de tout autant de rencontres vues à la télévision – au calme sans la fatigue du décalage horaire – de conversations avec des confrères et des fans, de la lecture d’articles de presse locale, avec les analyses des beatwriters des Bulls, des Celtics et du Heat. C’est parti:

    • quelle saloperie ce lockout ! Le Champion NBA cette année devra t-il avoir un astérisque accolé à son titre ? Je pense que oui. Une saison NBA c’est 82 matchs, les statistiques doivent et peuvent se comparer d’une saison à l’autre, sur cette base de 82 matchs, qu’il s’agisse des stats individuelles ou collectives. J’écrivais durant le lockout, à mesure que la possibilité de commencer une saison complète se dissipait, qu’en tant que fan, je préférais une saison annulée qu’une saison écourtée – et bien qu’économiquement le résultat aurait été catastrophique pour le photographe professionnel que je suis. Mon opinion n’a pas changé. Ce n’est pas tant le niveau qualitatif de cette saison qui est en cause. Les équipes jouent en sur-régime, sautant de nombreux entrainements, et pourtant le nombre de blessures n’explose pas, et la qualité des matchs ne semble pas notablement inférieure. Mais toutes les statistiques, les récompenses, et le titre ultime, seront celles d’une saison tronquée.
    • Je ne comprends rien à Jeremy Lin, que j’avais pu shooter lorsqu’il vivotait aux Warriors, et que j’ai pu shooter aux Knicks. Comment le phénomène Lin est-il possible ? Comment a t-on pu passer – collectivement, médias, scouts, coachs – à coté d’un joueur avec un tel potentiel ? Il est un peu tôt pour dire s’il sera de la classe des Tony Parker, Steve Nash, Rondo ou Westbrook, mais enfin ce n’est tout de même pas John Lucas III ! He is for real. Nicolas Batum me racontait comment son agent – qui représentait aussi Rodrigue Beaubois – s’était inquiété que Lin éclipse son poulain suite au mini-camp des Mavericks et à la Summer League de Las Vegas à laquelle Lin avait été invité par Donnie Nelson. Les indices sur le talent de ce joueur ne manquaient pas. Pour autant, aucun journaliste américain n’a su écrire un article l’évoquant sérieusement, se mouillant un peu sur son talent inexploité, le scandale qu’il n’ait été drafté… Et Sports Illustrated ne s’est certainement pas dédouané en lui consacrant 2 semaines de suite la couverture…
    • Il m’est avis que Ronny Turiaf (oui je sais que de passer de Lin au Predator antillais est un peu osé…) n’a pas fait le bon choix en préférant le Heat aux Celtics, si ce n’est pour d’éventuelles considérations personnelles légitimes – comme la proximité de la Martinique. Le coaching staff du Heat ne semble pas savoir comment l’utiliser, et je parierais qu’il ne va pas briller cette saison, et que sa valeur marchande ne va pas décoller. Et si d’aventure le Heat n’est pas Champion NBA (*), il n’aura pour ainsi dire rien gagné. J’aurais aimé le voir évoluer aux cotés de Garnett et sous la direction de Doc Rivers. Je crains que son manque de jeu depuis des mois le laisse hors rythme toute la saison et sans plus d’impact lors des playoffs.
    • 06 March 2012: Boston Celtics shooting guard Ray Allen (20) celebrates during the Boston Celtics 97-92 (OT) victory over the Houston Rockets at the TD Garden, Boston, Massachusetts, USA. © Chris Elise

      06 March 2012: Boston Celtics shooting guard Ray Allen (20) celebrates during the Boston Celtics 97-92 (OT) victory over the Houston Rockets at the TD Garden, Boston, Massachusetts, USA. © Chris Elise

      En parlant d’être hors rythme, j’ai quitté Chicago plutôt inquiet. Non pas à cause de la fessée infligée par le Thunder car ce match ne signifie pas grand chose, si ce n’est ce que tout amateur savait depuis la saison dernière: le Thunder a les moyens d’aller jusqu’au titre, et peut battre n’importe quelle équipe. Les Bulls sans Rose sont une bonne équipe, qui peut se faire battre au premier tour des playoffs. Et ce n’est pas le 7-3 durant les 10 derniers matchs joués sans Rose qui me persuadera du contraire. Le souvenir des Bulls de Gordon en feu en playoffs m’est en mémoire: celui d’une équipe de bons joueurs, excitante, mais pas un contender. Rose rejouera avant les playoffs – peut-être dès cette semaine – mais mon inquiétude est qu’il manque de rythme. Ses blessures et absences cette saison peuvent être un bien s’il arrive en playoffs les jambes fraiches, sa vitesse retrouvée. Et seront un mal s’il arrive hors de rythme, et encore quelque peu gêné dans ses accélérations, suites à ses blessures. L’absence de Rip pourrait poser moins de problèmes. Hamilton a si peu joué avec les Bulls (16 matchs au 2 avril), que j’ai bien du mal à envisager de quelle manière il pourrait être vite un atout majeur pour les Bulls en playoffs. L’assurance, et la liberté de shooter laissées par Thibs, de Kyle « Gimme da hot sauce » Korver m’enthousiasment bien plus. Il est à mes yeux l’atout qui a manqué aux Bulls la saison dernière offensivement, tout autant que Boozer. Si ces deux joueurs conservent le niveau qu’ils affichent actuellement en playoffs, Derrick Rose aura en attaque le soutien dont il a cruellement manqué lors des playoffs 2011. En outre, détail utile, Korver a nettement progressé en défense. La clé n’est pas dans un effet Rip soudain, mais dans le maintien physique des Bulls, de tous les Bulls. Omer Asik avait aussi manqué à l’équipe en sortie du banc l’année dernière. Que les Bulls soient tous physiquement sans pépins, et que Boozer et Korver assurent au moins leur rendement de cette saison, et je parie que les Bulls battent le Heat et vont en finals.

    • Les Knicks ont de la chance que leurs poursuivants pour le 8e spot en playoffs à l’Est soient si mauvais. Tout ce battage pour du vent, et un sweep au premier tour des playoffs contre les Bulls… New-York, New-York…
    • Que les Celtics sont dangereux dans leur salle ! L’age, les blessures, ne semblent pas affecter la capacité qu’a cette équipe, depuis le Big Three, à toujours être en mesure de trouver un moyen de battre des équipes plus redoutables sur le papier.
    • Miami peut déjouer et se faire battre par des Celtics pourtant affaiblis par les blessures, ou des Bulls menés par John Lucas III. Ils ne restent pas moins l’équipe à battre à l’Est pour parvenir en finals. Aucun signe de panique ni de crise chez le Heat lors des défaites. L’équipe accuse selon moi un simple coup de fatigue. Les battre sur une série de 7 matchs sera un exploit. Vivement les playoffs.

 

14 March 2012: Miami Heat small forward LeBron James (6) looks dejected during the Chicago Bulls 106-102 victory over the Miami Heat at the United Center, Chicago, Illinois, USA. © Chris Elise

14 March 2012: Miami Heat small forward LeBron James (6) looks dejected during the Chicago Bulls 106-102 victory over the Miami Heat at the United Center, Chicago, Illinois, USA. © Chris Elise

 

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