Canon le matos

Matériel Canon, boîtiers et objectifs, et quelques accessoires.

Les questions sur l’équipement utilisé dans ce métier de photographe reviennent souvent dans les emails reçus avant et depuis l’ouverture de ce blog. Je vais tâcher de satisfaire la curiosité du plus grand nombre en passant en revue le matériel que j’ai en stock. N’hésitez pas à poser des questions en commentaire pour avoir plus de précision. Pour ce post, je ne vais m’intéresser qu’au matos utilisé lorsque je couvre du sport, la palette de ce que j’emporte pour aller bosser. Tout le matériel studio, éclairage, sera traité dans un autre post.

Les besoins diffèrent selon les domaines, les pratiques, et les photographes. Le matériel que j’utilise n’est que le reflet de mes choix en fonction de mes besoins et de l’accumulation d’habitudes ces dernières années. Ce détail peut donner néanmoins un aperçu de tout ce qui peut être nécessaire pour faire face à une grande diversité de situations. Tout le matériel évoqué dans ce post est identifiable sur la photo à gauche, photo assez médiocre puisqu’il ne me restait qu’un petit compact peu débrayable pour la prendre.

Si mon premier appareil était un Nikon FE (avec un Nikkor 50mm f/1.8 fixé dessus), c’est avec un reflex numérique Canon que j’ai débuté dans ce métier. Ce qui signifie en effet que je suis d’une génération numérique, que je suis incapable de développer une pellicule, d’utiliser un moyen-format, honte à moi…

Depuis ces débuts  professionnels avec Canon (le Mark II), je suis resté fidèle à cette marque, même si les péripéties et aléas du Mark III m’ont souvent donné l’envie de passer chez Nikon. Les boîtiers de Canon que j’utilise sont:

  • 1D Mark IV: ce boîtier commence à me réconcilier avec Canon après les aléas connus avec le Mark III. J’en suis équipé depuis le début de l’année. Trop peu de temps passé avec pour avoir un réel recul sur ses performances, mais le constat d’un AF nettement amélioré. Le Mark IV est mon appareil principal que j’utilise en toutes circonstances dès lors qu’il s’agit d’action, d’événements, de photos non posées. Courant 2010, un second exemplaire devrait s’ajouter à mon équipement. Quoique j’envisage aussi assez sérieusement l’achat d’un Nikon D3 ou D3s en complément, comme second boitier avec 2 objectifs Nikon.
  • 1Ds Mark III: un plein format de qualité qui me sert tout autant en sport en second boitier après le Mark IV, qu’en portrait posé (avec flashs de studio). L’AF ne m’a jamais paru moins performant que celui du Mark III (encore heureux !), et la qualité des fichiers est très bonne. En sport, il m’autorise des crops utiles de certaines images, et pallie ainsi l’inconvénient de ne pas avoir sous la main de 600mm.
  • 1D Mark IIn: légère évolution du Mark II, ce modèle a longtemps été mon boîtier principal, associé à un second exemplaire en boîtier secondaire, que j’ai revendu depuis. C’est avec ce couple d’appareils que j’ai le plus bossé dans ma courte carrière. Epoque joyeuse où je n’envisageais pas le moins du monde passer chez Nikon: la montée en ISO était plus satisfaisante chez Canon, l’AF perfectible, mais pas catastrophique, l’écran arrière commençait à vraiment permettre de juger de la netteté d’une image, le buffer plus important que celui du Mark II rendait l’appareil plus réactif. Le Mark IIn me sert encore soit en 3e boîtier à l’épaule, soit en boîtier télécommandé à distance.
  • 1D Mark II: mon premier boîtier et la découverte de la gamme pro de Canon. Un ton en dessous du Mark IIn du fait d’un buffer plus limité et d’un écran moins bon, mais à la construction identique pour tout le reste. Son usage désormais est  plus celle d’un boîtier de dépannage, ou comme second boîtier télécommandé à distance.
  • 1D Mark I: j’ai acheté ce boiter comme complément de mon premier Mark II, attiré à l’époque par les retours de photographes pros plus expérimentés  qui le regrettaient. Avec 4,2 millions de pixels, contre 8,2 millions pour le Mark II, cet appareil soutenait la comparaison avec son aîné en qualité, particulièrement en fiabilité de l’AF. Le rendu du capteur CCD vaut celui du CMOS du  Mark II. Je ne l’utilise quasiment plus jamais, mais ne me résous pas à m’en séparer, surtout pour le faible prix que j’en tirerais.

Les objectifs de la gamme Canon sont la raison principale de mon attachement à cette marque, et c’est pour certains que j’ai pris le parti d’attendre la suite du Mark III avant d’envisager de passer chez Nikon (et pour les 12000 euros à la louche que le passage m’aurait coûté…). L’objectif est un investissement à long terme, et qui se bonifie avec la qualité croissante des boîtiers qu’on lui colle dessus. Je suis équipé des objectifs suivants:

    Objectifs Canon du 15mm au 400mm

  • Canon 400mm f/2.8 L IS: la grande majorité de mes photos sont faites avec ce fabuleux 400mm, que ce soit des photos d’action, ou des portraits (non posés). Je raffole de son rendu, de son bokeh, de sa précision. Il est lourd, se manie à peine sans un monopode, mais ne me quitte jamais depuis 3 ans. Auparavant, j’ai bossé avec un Canon 300mm f/2.8 L, tout aussi bon que j’ai remplacé par l’objectif qui suit.
  • Canon 200mm f/1.8 L: le mythique objectif de la gamme de Canon, remplacé depuis par un couteux 200mm f/2.0L IS. Ce 200mm me sert souvent, avec un multiplicateur x1.4, de focale complémentaire au 400 mm. Son ouverture à 1.8 m’a rendu de grands services dans des salles NBA à l’époque où les boîtiers dépassaient mal les 1250 iso. Cet objectif n’est plus produit par Canon depuis un paquet d’années, et  n’était plus réparable depuis quelques temps lorsque j’en ai fait l’acquisition, mais tant qu’il fonctionne, ce n’est que du bonheur.
  • Canon 24mm f/1.4 L: un excellent objectif avec lequel j’ai la poisse. Il est tombé en panne une première fois lorsque je couvrais le Marathon des Sables dans le Sahara, dès le début de la compétition. Après avoir tardé à le réparer, je ne l’ai pas souvent pris dans mes bagages. Et lorsque j’étais décidé à l’utiliser à Cuba, l’AF m’a laché… Bref, un objectif réparé, révisé, comme neuf,  de très grande qualité, peu utilisé, que je cherche à échanger contre un TS-E de même focale.
  • Canon 70-200mm f/2.8 L IS: mon objectif préféré lorsque je shoote de la NBA, sur boitier principal, et fixé sur mon second boîtier en complément du 400mm, pour les autres sports de champ (baseball, football, etc). Je fais aussi souvent des portraits posés avec ce objectif.
  • Canon 24-70mm f/2.8 L: avec la monté en ISO toujours plus satisfaisante des boîtiers modernes, je finirais par abandonner cet objectif en faveur d’un 24-105mm f/4. L IS. En attendant ce boîtier me sert très souvent en NBA dès lors que je suis proche du panier, et en de nombreuses et diverses occasions comme des photos d’équipe, des plans plus larges dans des stades, etc.
  • Canon 17-40mm f/4.0 L: clairement le 16-35mm 2.8 L IS version II est un grand angle plus performant que ce 17-40. Mais lorsque je me suis équipé, la version I du 16-35 était d’un rapport qualité/prix douteux. En revanche ce 17-40mm est très satisfaisant, tout en étant proposé à un prix raisonnable. Je ne m’en sers quasiment qu’à 20mm ou moins, ce qui me fait souvent lui préférer mon 15mm malgré sa déformation.
  • Canon 15mm f/2.8: un petit trèsor ! Un fisheye, donc le rendu est particulier, cependant je l’utilise très souvent justement pour ce rendu. Il me plait tellement que je n’ai toujours pas cédé aux sirènes du Canon 14mm f/2.8 L II. Ce 15mm, collé au Mark IIn, Mark III, Mark IV ou Ds Mark III, ne m’a jamais déçu. C’est un plaisir dont j’essaie de ne pas abuser, mais les occasions sont bien rares de ne pouvoir prendre une photo avec le rendu d’un fisheye.
  • Canon 50mm f/1.8 II: en 2009 je n’ai pas dû faire une seule photo avec cet objectif qui m’accompagne très rarement. Son rapport qualité/prix est  pourtant exceptionnel au vu de son prix (100 euros de mémoire), mais je n’en ai que peu l’utilité. Il aura servi à mes débuts à me forcer à penser mes cadrages avec une focale de base fixe.

En complément de ces objectifs, m’accompagnent toujours deux multiplicateurs, un Canon Extender EF 1.4x II et un Canon Extender EF 2x II. Le premier est régulièrement collé au 200mm f/1.8 L, et parfois au 400mm f/2.8 L IS. La perte de qualité, le fort ralentissement de l’AF me fait bien moins recourir au second. Il m’arrive de l’avoir collé au 400mm 2.8 L IS mais il est rare que le résultat soit satisfaisant.

A ce matériel de base, il faut ajouter la liste suivante qui m’accompagne suivant mes reportages:

  • Canon Speedlite 580 EX II: un flash cobra qui a l’avantage d’accepter aisément la connexion à un pocket wizard.
  • Batterie Quantum Turbo 2X2: accrochée à la ceinture, cette batterie autonome alimente mon flash Canon Speedlite 580 EX II afin de pouvoir l’utiliser à pleine puissance avec des temps de recharge diminués, et/ou un boîtier.
  • 8 PocketWizard Multimax: des émetteurs/récepteurs me permettant de déclencher à distance des flashs de studio ou mes boîtiers.
  • un monopode Gitzo Carbon: indispensable pour shooter avec le Canon 400mm f/2.8 L IS. Léger, robuste, fiable alors qu’il a bien baroudé partout depuis 2 ans (seuls les caoutchou des bagues de serrage ont dû être changés).
  • un tripod Manfrotto 055XPRO B, et une rotule Manfrotto 488RC4: les deux me servant pour des portraits, photos d’équipes, et diverses autres photos.
  • Une cinquantaine de GB de cartes: plusieurs CompactFlash SanDisk Extreme III 4.0 Gb, plusieurs CompactFlash Lexar Professional 4.0GB 133x, plusieurs de 2GB, une de 8GB, plusieurs SD HC Lexar Professional 4.0G 133x, quelques CompactFlash Sandisk Ultra II de 2GB.
  • un Hydrophobia 300-600 de Think Tank: protection contre la pluie pour un boîtier et objectif du 300 au 600mm.
  • un Remote Control 10 de Think Tank: protection contre la pluie pour un boîtier et 70-200 ou en dessous.
  • un siège Walkstool: pratique pour s’assoir au bord des terrains à l’emplacement de son choix.
  • un Hoodman HoodLoupe: afin de pouvoir voir à travers une lunette l’écran arrière de mes boîtiers, et seulement l’écran, en plein soleil.
  • un Hoodman H-RAV: un viseur d’angle droit afin de cadrer l’appareil à terre.

Tout ce matériel, et les cables divers qui vont avec, prennent place dans ces deux valises:

  • un Airport Security de la marque Think Tank: excellente société fondée par des photographes pros, qui ne cesse de produire des équipements parfaitement adaptés à notre usage, notre métier. Dans cette valise j’arrive à loger:  deux boîtiers, un 400mm, un 70-200, un 24-70, un 17-40mm, un 15mm, un extender, un speedlite 580 EX II, un monopode Gitzo, des cables.
  • une Pelicase 1620: robuste, cette valise accueille mon matériel en soute lors des voyages en avion. Elle peut contenir: 3 boîtiers, un 400mm, un 70-200mm, un 24-70, un 17-40mm, un 15mm, un 24mm, deux extender, un speedlite, des PocketWizard, des batteries, des cables, des verrous, un monopode, et le tout est divisé par des compartiments, protégés contre les chocs et l’humidité.

Mon matériel informatique de terrain est composé ainsi:

  • Apple MacBook Pro 2.33 Ghz Intel Core 2 Duo, 4GB de SDRAM, un disque dur interne OCZ Vertex SSD 120GB, un second disque dur interne Hitachi 320GB (en remplacement du superdrive), 3 batteries: le disque dur SSD a tout changé, je ne pourrai revenir en arrière tant la vélocité, la réactivité de mon portable est devenue appréciable. Le second disque me permet de conserver un grand nombre de mes récents shootings avec moi.
  • un disque dur externe Seagate firewire 800 de 500 GB: indispensable pour effectuer en déplacement un back up régulier des photos contenus sur le MacBook Pro.
  • Un lecteur/graveur DVD/CD USB externe Samsung: si jamais j’ai besoin de graver un CD/DVD, pour un client avant de rentrer chez moi.
  • Une batterie autonome HyperMac MBP-100: combinée aux 3 batteries, je ne peux pas me retrouver sans jus pour éditer mes photos.
  • un videur de carte CompactFlash Lexar firewire 800 UDMA, un videur CompactFlash eFilm ExpressCard 34, et deux videurs de carte SD SanDisk MicroMate USB.
  • un Brolga Bird GriffGear: protège soleil pour écran très pratique pour éviter les lumières gênantes lors de l’editing des photos, et désormais j’en suis accro et le met en place même en intérieur afin de m’isoler (j’ai horreur qu’on regarde par dessus mon épaule lorsque j’édite).
  • un sac Urban Disguise 50 de Think Thank pour transporter le tout: bourré de poches intelligement réparties, avec un compartiment isolé pour l’ordinateur, discret.

Sur le terrain, je transporte mes objectifs non montés et accessoires autour de la taille grâce à:

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22 Responses to “Canon le matos”

  1. Fred dit :

    merci, c’est très interessant, je me garde cette page en favori pour les conseils, et eventuellement si mon 24mm ts-e ne me plaisait plus….

  2. Stéphane C dit :

    Oui en effet excellent article… et j’ai pu notamment apprécié le comparatif des différents boitiers Canon (un de ces quatre j’aimerai bien papoter avec toi d’ailleurs du Mark3 que je viens de pratiquer durant quatre jours pour du basket… merci au pro qui m’a prété son matos ! lol) ainsi que les liens vers les différents matériels utilisés dont certains m’étaient jusqu’alors inconnus !
    Encore bravo et merci Chris !!!

  3. Greg dit :

    Hum…..Si a l’avenir tu décidais de te séparer de ton Mark II voir du I, je serais éventuellement intéressé.

  4. Greg, ce n’est pas impossible en effet si je peux me séparer des deux en même temps.

  5. Greg dit :

    A méditer donc….

  6. Frédéric dit :

    Jolie collection de matos !

    Quelques questions :
    – pour ce qui voyage en soute, tu as une assurance spéciale ou bien tu croises très très fort les doigts pour que ca arrive ?
    – pour les PocketWizard, comment ca marche la gestion des canaux sur un événement pour éviter de déclencher les flashs/appareils du voisin ?

  7. Je n’ai hélas pas encore trouvé d’assurance qui me convienne parfaitement, et qui justifierait que je dépense un bras pour assurer mon matos sur ces transports. Mais je suis justement en pleine prospection et ne désespère pas.
    En attendant, je prends avec moi en cabine une partie financièrement importante, c’est-à-dire le 400mm et un boîtier. Pour ce qui est en soute, je redoute surtout les correspondances en Europe au retour des USA. Les vols directs ne m’inquiètent pas trop.

    Pour les PocketWizard, il y a tellement de combinaisons possibles que cela limite les risques. Sachant de plus que les modèles américains utilisent des gammes de fréquences différentes de leurs équivalent CE. Il suffit donc de tester. Lorsque vraiment beaucoup de photographes utilisent des PW sur un événement, il arrive qu’une liste des fréquences prises/allouées soit éditée.

  8. Frédéric dit :

    Merci pour les réponses.

  9. Patrick dit :

    Je reviens sur le problème de l assurance. Ici en Belgique nous avons la possibilité d’ assurer notre matos pour 36 euros par tranche de mille euros. couvre également la perte et les dégâts occasionnés par ses propres maladresses :-). Apparemment il y a un équivalent chez MMA en France

    Bien à vous tous et encore merci pour ton site Christophe c’est super.

  10. Christian dit :

    Bravo, très bon article, Patrick de quelle compagnie en Belgique s’agit t’il en ce qui concerne l’assurance?

  11. yannick dit :

    superbe article , bravo , il y a de très bonnes infos , mis dans mes favoris .

  12. Tarlak dit :

    Merci pour le partage, c’est très interessant

  13. Patrick dit :

    Christian,

    Ethias mais tu dois avoir au moins une autre assurance chez eux..

    Bien à toi

  14. DiZzY dit :

    J’espere pouvoir m’acheter bientot le 24-70 pour faire du portrait studio et un peu de basket

  15. ValGal dit :

    Wahoo ! Merci pour toutes ces infos !!

  16. lamart dit :

    bonjour je voudrais pratiquer ton métier je ne sait pas ou me renseigner peu tu me donner un conseils car je suis photographe amateur sport je te souhaite mes bon voeux salutations distingués

  17. Chris Elise dit :

    Bonjour,
    C’est un métier de journaliste à la base, donc ça suppose d’être curieux et d’avoir une bonne capacité de recherche de l’information 😉 ce qu’il faut que tu t’appliques d’ores et déjà.
    J’ai donné quelques interviews sur mon parcours pro, elles ne sont pas difficiles à trouver online.

    http://www.basketusa.com/medias/95989/interview-christophe-elise-photographe-il-faut-aller-vite-et-rester-humble-dans-ce-metier/

    http://www.nsophoto.com/chris-elise/

  18. Nicolas Roger dit :

    Ben, ça en fait du matos ! mais faut ce qui faut, merci pour le partage d’expérience!

  19. Chris Elise dit :

    Matos qu’on m’a volé en avril dernier en revanche…

  20. Mike dit :

    Bonjour Chris, ça en fait du matériel

    Je vois que tu as un Mac, c’est un vrai plus pour la photo ou bien c’est plus dû à une préférence en dehors du cadre de la photographie ?

    Bonne continuation

  21. Chris Elise dit :

    Je suis passé sur Mac avant d’être photographe, séduit par Mac OS X. Donc je ne saurais dire, mais plutôt très satisfait du Mac pour mon travail au quotidien, sauf que je trouve leurs portables fragiles.

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