Baseball is dope !

22 june 2007: Boston Red Sox Manny Ramirez is seen during the Boston Red Sox 2-1 victory over the San Diego Padres at Petco Park in San Diego, CA, USA. © Christophe Elise

Poster un premier billet sur le baseball pour parler de dopage n’est vraiment pas un plaisir. Si je le fais c’est parce que l’actualité, hélas, m’y conduit. Mark McGwire, un gros (dans toutes les acceptations du terme) frappeur qui a terminé sa carrière aux Saint Louis Cardinals, a (enfin) reconnu s’être dopé à l’époque où il était en activité.

Durant cette période, il avait battu le record du nombre de home run dans une saison, en 1998, avec 70 home run. Ce record était jusqu’alors tenu par Roger Maris avec 61 home run en 1961. Barry Bonds, un autre dopé avéré qui ne l’a jamais reconnu, est le détenteur de ce record depuis la saison 2001 avec 73 home run.

Au milieu de ses déclarations et de son interview par le journaliste Bob Costas, une phrase de Mark McGwire est à retenir: « I did it on health purposes« . Voila, on a passé un cap. Non jeunes gens, on ne se dope pas pour être meilleur, pour avoir un avantage, mais pour des raisons de santé. Dopez vous, vous serez en meilleure santé… Eloquent. Dans le même ordre, l’ignorance totale affichée de Tony La Russa sur le dopage de Mark McGwire , alors qu’il était le manager des Oakland Athletics lorsque Mark McGwire était membre de l’équipe, puis manager des Saint Louis Cardinals, est… surprenante.

Depuis 2006 et ma lecture du livre remarquable des journalistes du San Francisco Chronicle Mark Fainaru-Wada et Lance Williams, Game of Shadows, il ne se passe pas une saison sans une nouvelle révélation d’un cas de dopage dans le monde du baseball. Depuis 4 ans, je suis passé de la colère à la résignation… Et lorsque Manny Ramirez, ex joueur des Boston Red Sox, et alors joueur des Los Angeles Dodgers, est à son tour pris la main dans le sac en mai 2009 (et suspendu 50 matchs), je ne suis plus étonné.

Cet énième révélation aura eu le mérite de permettre à Bill Simmons, un journaliste américain, sociétaire d’ESPN, d’écrire un de ses meilleurs articles sur le sujet, et le baseball: « Confronting my worst nightmare« . Ce récit sous forme de fiction nous projette en 2014, le 7 mai, aux côtés de Bill Simmons, de son père et de son fils de 6 ans et demi, pour un match entre les Red Sox et les Yankees à Fenway Park. On assiste alors à la conversation entre trois générations de Simmons, alimentée par les questions du jeune garçon sur le passé des Red Sox. Je vous conseille vraiment la lecture de cet article. Et si vous avez ensuite un avis définitif sur cette question du dopage dans le baseball, je serais heureux de le lire.

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7 Responses to “Baseball is dope !”

  1. Seb dit :

    super initiative ce blog

    je vais etre negatif, mais il ne faut pas se voiler la face, le dopage existe dans tous les sports, aucun est épargné .

    seb

  2. Benny Da B' dit :

    Bah Papy ? ! Qu’est ce qui se passe ? C’est d’avoir perdu ton déambulateur qui te rend grincheux comme çà ? :)

    Bon…en fait . . . que ce soit en Baseball ou dans le reste, je pense que la déclaration de McGwire n’est que la continuation logique d’une tendance. De plus en plus on voit poindre des réactions de sportifs ou d’entourages de sportifs qui me font dire qu’on attendra pas longtemps avant de voir un sportif condamné pour dopage attaquer en justice pour que cette décision soit cassée au simple motif qu’il est le seul à pouvoir décider de son corps. Car à bien y regarder, dans le cas de produit légaux, on peut se demander tout de même sur quoi se base ces condamnation. Le dopage est beaucoup trop appuyé sur la morale et pas assez sur le droit pour pouvoir tenir longtemps face aux puissances de l’argent, et de l’entertainment justement.

    Et pour faire le lien avec un autre de tes posts, le sport, aux USA d’abord mais un peu partout pour sur à court terme, étant devenu de l’info-tainment, pourquoi nous bassiner avec des notions d’équité entre sportifs, de respect de règles « d’un autre siècle » etc…

    Bon, pas vraiment que personnellement je sois un pro-dopage ou un nostalgique de l’ancien temps…certes non…mais c’est une difficulté que de lutter contre le dopage, que c’est à se demander si ce n’est pas plus simple de laisser faire. Après tout, le public « reconnaitra les siens ».

  3. Suis assez d’accord avec toi sur la tendance que tu envisages et à laquelle je n’avais pas pensée ! Tu as vu juste. A la rigueur la seule chose qui s’oppose à ces recours en justice c’est le fait que les règlements de ligues et fédérations sont clairement edictés en ce qui concerne les produits dopants. Donc les sportifs sont soumis à ces règlements.

    Mais sur le fond, ce ne serait pas étonnant en effet qu’un sportif un jour affirme clairement qu’il considère qu’il peut faire ce qu’il veut à son propre corps afin d’être performant pour sa propre carrière.

    Pour te rejoindre sur ta conclusion, de toutes façons on peut se poser la question de savoir si la lutte contre le dopage est efficace… et la réponse penche vers le non. Peut-être verrons nous aussi un jour une ligue pro n’avoir aucune règle contre le dopage. D’ailleurs la MLB a eu longtemps des règles tellement ridicules que c’était comme ne pas en avoir.

    Sinon, suis pas grincheux du tout et y’a rien de grincheux dans ce billet :-)

  4. Backdoor dit :

    Bonjour Christophe,

    mon avis sur le dopage est plutôt en retrait de celui de la masse populaire moralisatrice. Bien évidemment je ne suis pas POUR le dopage en considérant les dangers démontrés que son utilisation a sur l’état de santé du sportif. Néanmoins il m’est difficile d’être absolument CONTRE. Je m’explique:

    Le problème majeur est que l’on condamne l’usage de produits dopants et potentiellement dangereux sur un fond d’éthique sportive et surtout à partir d’une vision « large » c’est à dire « grand public ». En effet, comment demander à des sportifs de haut niveau d’accomplir des efforts et des performances surhumaines (82 matchs minimum en NBA, un Tour de France à 40 km/h de moyenne…) en ayant la même pharmacie que Mr Tout le monde.
    Et de surcroît en demandant toujours plus de spectacle et d’audience.

    Utopie!

    Mon avis est d’encadrer le dopage plutôt que de le combattre coûte que coûte. Le corps médical devrait pouvoir influer sur les instance sportives pour démontrer qu’un encadrement plus proche de l’accompagnement que de la répression serait bien plus bénéfique aux sportifs. Quantité de produits considérés comme dopants pourraient être tolérés car leur risque pour la santé sont quasi nuls (EPO, Bétabloquants, ou certaines molécules parfois retrouvés dans les composants de médicament par exemple). Les produits les plus dangereux eux seraient à bannir (hormones de croissances, anabolisants…)

    L’EPO étant un produit naturel secrété par l’organisme devrait être toléré au delà des 50% d’hématocrite. D’ailleurs les préparations en altitude avant les compétitions servent indirectement à secrété plus d’EPO. Preuve est donc faite que des doses d’EPO pourraient être autorisées dans les sports de fond.

    Bref, il faudra bien qu’un jour on comprenne que la demande croissante de records qui tombent issue du grand public ne peut aujourd’hui décemment plus s’accompagner uniquement d’un entraînement 100% naturel!!

    Usain Bolt peut trembler

    Qu’en penses tu?

  5. Benny Da B' dit :

    Bonsoir Backdoor,

    A certains égards, je partage votre avis. En effet, hormis pour les produits interdit pour des raisons de dangerosité avéré, il nous apparait aussi que pour le reste, c’est se lancer dans un combat perdu d’avance, voir inique sur le fond, que celui du dopage.

    Pour ma part, la question des performances ne rentre même pas en ligne de compte.

    Mais à partir du moment, ou comme vous le dites, il n’y a pas de danger, comment en droit, qualifier le « dopage » ? Il m’apparait que la limite entre le « dopant » et le « non-dopant » est de plus en plus flou.

    Et si on veut s’amuser et aller plus loin. Le maraboutage (Massif) dans le sport Africain (et peut être ailleurs aussi, mais je connais moins…) est-il du dopage ? 😉 Du point de vue des joueurs, bien souvent, OUI.

    La question de l’éthique sportive tourne autour de l’injustice / inégalité. OK. Dans ce cas, ouvrons, par exemple, l’EPO à tout le monde. On objectera que les performances doivent être réalisée sans « trucage » sur la machine humaine….bullshit ! L’entrainement c’est déjà un trucage si on veut analyser le tout premier des élements ! On fait quoi ? On supprime les préparateurs physiques ? les osthéopathes et masseurs ainsi que les nutritionnistes ?

    Et en terme d’égalité . . . un sportif Ethiopien qui s’entraine dans le bush et les gars de la team de John Smith partent ils avec les mêmes chances ?

    Bien sur que non !

    Je pense donc que ce débat sur le dopage est une impasse. Il faut faire confiance au public. Il saura reconnaitre les stars qu’il a envie de porter dans son coeur et qui font / ferons tourner la machine – business du sport. Exemple : Aujourd’hui encore, Poulidor reste solidement accroché dans le coeur de tous les français ! Anquetil a le palmarès …un cancer « suspect » et une belle boite en sapin ! Pou-pou nous rigole de sa mine bonhomme à chaque tour de France :)

  6. On est bien d’accord: le sportif éthiopien part avec plus de chances ! Ce salop court depuis l’enfance dans les hauts plateaux, l’américain burgerisé n’a aucune chance ! :-)

  7. Benny Da B' dit :

    Ben, s’il trouve un gros sponsors pour se payer de l’EPO, il a ses chances ! L’Ethiopien se fait son EPO naturel en courant dans les hauts plateaux.

    La boucle est bouclée !:)

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