2009, on the road

13 january 2009: Charlotte Bobcats Boris Diaw is seen during a game against the Charlotte Bobcats at the Palace of Auburn Hills, Detroit, Michigan, USA. © Chris Elise

Ah… la fin de l’année, les fêtes, Noël, les cadeaux, les réveillons,  les bons repas, les bons vins, et les rétrospectives en images. Bon ok, nous sommes déjà mi janvier… un peu tardive la rétrospective… C’est une constante de ce boulot de photographe d’être toujours si pris par le quotidien, les shootings  et reportages présents et à préparer, que le temps manque pour se poser et regarder un peu en arrière, en l’occurrence quelques photos.

Alors, avec beaucoup de retard,  je vous propose de m’accompagner et de revenir en images sur une année 2009 qui a été surprenante, (sur)chargée, excitante, du point du vue d’un photographe de sports on the road (again and again and again…).

Tout débute en janvier 2009, à peine les voeux envoyés, et reçus, je m’envole pour Detroit, Michigan, USA. C’est le début d’un trip de deux semaines entre Detroit et Chicago. Objectif:  couvrir un maximum d’équipes NBA pour cette saison après avoir suivi en novembre 2008 le début de saison des Orlando Magic. Je quitte une France froide et grise pour atterir dans un Michigan glacé et enneigé. Pour ajouter au plaisir, la salle des Detroit Pistons n’est pas au coeur ni à la périphérie de Detroit, mais à Auburn Hills, un bled paumé dans la banlieue nord de Detroit.

Bienvenue à Auburn Hills, ses 20 000 habitants, ses…beh non en fait y’a rien à Auburn Hills si ce n’est The Palace of Auburn Hills, le chaudron des Detroit Pistons depuis 1988. Après 45 minutes de conduite (prudente… 30cm de neige partout) entre l’aéroport et mon motel à 5 minutes de la salle (le Candlewood Suite…luxe, calme et volupté), une nuit de repos, je fais connaissance avec la salle. Cela commence mal puisque les responsables presse des Pistons n’ont aucune mention de mon accréditation. Fort heureusement, j’ai quelques exemplaires de Reverse (le magazine pour lequel je shoote la NBA) à leur présenter, et mon contact auprès de la NBA à leur fournir. Sans attendre une confirmation qui ne serait arrivée que le lendemain, l’organisation des Pistons m’accorde le précieux sésame qui va me permettre de faire mon job. Le premier match oppose les Pistons aux Bobcats, l’occasion pour moi de parler français avec Boris Diaw et Alexis Ajinca avant le match. Je reviendrai dans un autre post sur l’ambiance des salles NBA, celle des Pistons est particulièrement chaude !

15 january 2009: Chicago Bulls Derrick Rose goes to the basket against Cleveland Cavaliers Lebron James, at the United Center, Chicago, Illinois, USA. © Chris Elise

Dès le lendemain je décolle pour Chicago pour une série de matchs des Bulls, et deux autres français à shooter, Joakim Noah et Tony Parker. Pour le jeune pivot des Bulls, c’est sa seconde saison. Je me souvenais encore de son imprudence, et impudence, lors de sa saison rookie, qui lui valait de tenter un tomahawk dunk sur Rasheed Wallace… raté bien évidemment… effronterie et naïveté qu’il reconnaissait alors avec le sourire dans les vestiaires après match. Pour sa seconde saison, je suis un peu surpris du manque de progrès de Noah en un an. Mais il est vrai que les pivots sont souvent plus lents dans leur montée en puissance. Sa saison actuelle est déjà bien plus satisfaisante. A Chicago, je découvre aussi live le futur rookie de l’année, Derrick Rose, un concentré de talent, une bombe au premier pas ravageur dont je me régale depuis. C’est un plaisir de ce métier : pouvoir suivre la carrière d’athlètes depuis leurs débuts pros, voire avant.

Un seul numéro 23…pour toujours

Pour la première fois aussi, je shoote Lebron James. Le joueur est tout ce qui a été dit et écrit sur lui: des fondamentaux impressionnants, un physique hors normes, mélange de puissance, de rapidité, d’explosivité…. et un peu trop chambreur à mon goût sur un parquet… Physiquement, ce joueur devrait avoir un rôle dans « Fringe ». Ce mec est une création génétique  du Professeur Walter Bishop ! Qu’il porte le numéro 23 n’est d’ailleurs pas naturel… dans la salle des Bulls… Lève les yeux Lebron et change de numéro ! Retour à Detroit pour terminer ce trip avec mes premières photos de Dirk Nowitzki et Tracy McGrady. En revanche, je n’aurais Yao Ming, blessé, qu’en civil sur le banc. Au passage, j’ajoute quelques photos d’Allen Iverson sous le maillot des Pistons… Il ne me manquera plus que de l’avoir sous celui des Sixers…

La pelota

Retour en France, pour une dizaine de jours, le temps de shooter le Prix d’Amérique (hippisme), et l’Open Gaz de France en tennis, d’envoyer quelques demandes d’accréditations pour les mois à venir, et  me voilà à Roissy CDG prêt à embarquer. Pendant une quinzaine de jours, j’accompagne les Pôles France (Toulouse et Rouen) Baseball à Cuba, pour un stage qui va permettre à ces jeunes d’affronter diverses équipes cubaines.

Pour tout amoureux du baseball, Cuba est un pays incontournable au même titre que la République Dominicaine (déjà parcouru) ou le Japon (un jour peut-être…). Ce pays aime le baseball autant que la musique et les cigares. Les jeunes français se confrontent à des équipes aux moyens matériels limités, souvent de classe d’age plus jeune, donc physiquement inférieurs, mais capables de leur tenir tête, et de les battre, sur leurs seules qualités techniques. Pendant 15 jours, je suis la sélection française à travers l’île, de field of dreams en field of dreams. Il fait froid en France, gris, je suis à Cuba, il fait beau, il fait chaud, je shoote du baseball… Life’s fair !

13 february 2009: Estadio Regino O'Farrill Hernandez, Havana, Cuba. © Chris Elise

13 february 2009: A young Cuban pitcher pitches against Team France, at Estadio Regino O'Farrill Hernandez, Havana, Cuba. © Chris Elise

13 february 2009: Thomas Medina slides safely to score, at Estadio Regino O'Farrill Hernandez, Havana, Cuba. © Chris Elise

15 Februray 2009: Left pitcher Aroldis Chapman of the Orientales pitches during a training game of Cuba Baseball Team for the World Baseball Classic 2009, at the Latinoamericano stadium, in la Habana, Cuba. © Chris Elise

Le seul problème que je rencontre est la mauvaise qualité des infrastructures de télécommunications cubaines. Envoyer mes photos à l’agence américaine pour laquelle je bosse devient un casse-tête. C’est d’autant plus ennuyeux que grâce à des contacts locaux, et à l’aide de Gerardo Leroux, Team Manager des sélections, j’ai l’opportunité de shooter l’équipe nationale de Cuba lors de sa préparation au futur World Baseball Classic. J’arriverai finalement à uploader mes photos.

Les 15 et 17 février, avec les Pôles France Baseball, nous assistons à deux matchs d’exhibition qui voient une sélection élargie de l’équipe de Cuba – divisée en deux équipes, – s’affronter. Entre autres superbes joueurs de baseball, je découvre Aroldis Chapman, un lanceur gaucher de 21 ans, qui désertera l’équipe de Cuba en juillet 2009, et a signé depuis avec les Cincinnati Reds. A 1m92 et avec une fastball titillant les 103 mph, ce pitcher pourrait bien débuter une longue carrière pro dès la saison prochaine. Mes photos d’Aroldis Chapman sous le maillot de son équipe d’origine à Cuba, seront publiées à plusieurs reprises par ESPN et Sports Illustrated depuis sa défection.

« History man ! History !« 

Après Cuba, mon passage en France est rapide, à peine le temps d’attraper froid, ou de perdre mon bronzage. Direction: Puerto Rico, ohhh ! C’est le début de la seconde édition du World Baseball Classic, une compétition internationale, à l’initiative de la MLB, durant laquelle celle-ci envoie ses professionnels de la Major League. 3 semaines durant lesquelles des équipes du monde entier vont en découdre. Le premier tour se déroule dans plusieurs villes: Tokyo, Toronto, Mexico, et San Juan. J’ai choisi de couvrir ce premier tour à San Juan, ce qui me fera suivre les équipes de la République Dominicaine, de Puerto Rico, des Pays-Bas, et de Panama. C’est ainsi que j’assiste à la double victoire historique des Pays-Bas sur la République Dominicaine, et donc là ‘élimination d’un contingent de stars évoluant en MLB par des joueurs semi-pros ! La seconde victoire, sanctionnant l’élimination des Dominicains, reste l’un des souvenirs les plus forts de ma jeune carrière de photographe.

10 March 2009: Team Netherlands celebrate after #21 Eugene Kingsale scores the winning run against the Dominican Republic in the eleventh inning during the 2009 World Baseball Classic Pool D game 5 at Hiram Bithorn Stadium in San Juan, Puerto Rico. © Chris Elise

10 March 2009: Team Netherlands celebrate a victory against the Dominican Republic in the eleventh inning during the 2009 World Baseball Classic Pool D game 5 at Hiram Bithorn Stadium in San Juan, Puerto Rico. © Chris Elise

Après ce premier tour, mon périple m’emmène (12 heures de vol, deux correspondances) en Californie, à San Diego, une ville au climat toujours doux et chaud que je retrouve après plaisir, deux ans après y avoir shooté les Boston Red Sox face aux San Diego Padres. Ce second tour du World Baseball Classic regroupe au Petco Park les équipes du Japon, de Cuba, de Corée et du Mexique. Au final la Corée et le Japon se qualifient. L’équipe de Cuba n’aura pas été capable d’élever son niveau de jeu lorsque c’était nécessaire. Aroldis Chapman montrera lors de ce World Baseball Classic, qu’il lui reste un long chemin à parcourir avant de pouvoir prétendre monter sur un monticule en Major League. Ce pitcher est certes prometteur, mais semble friable lorsque l’enjeu est de taille. La Corée m’impressionne par sa qualité technique et sa puissance au baton.

Lors de ce second tour, je réalise une des photos qui me tiennent le plus à coeur. Le soir, du 18 mars 2009, un brouillard inhabituel pour la saison, et la région, s’est abattu sur la ville de San Diego, donnant une ambiance très irréelle au stade. Pendant le match que je couvre je souhaite tâcher de rendre compte de cette ambiance. J’ai l’idée de venir à une position de shoot à côté d’un cadreur télé, derrière la batter box, l’endroit où le batteur s’échauffe en attendant son tour. Après quelques instants, c’est au tour du japonais Akonori Iwamura de venir prendre place et de faire quelques moulinets avec sa batte, je prends mon Canon 15mm fisheye, et j’arrive à fixer le joueur sa batte tendue, le brouillard tombant sur les tribunes dans le fond. Je pense cette photo en noir et blanc dans ma tête et je la post traite ainsi. L’appareil utilisé est un Canon 1D Mark III, réglages: 1/640e, f/5, 2500 iso.

Akonori Iwamura of Japan waits in the batter box during the 2009 World Baseball Classic Pool 1 game 5 at Petco Park in San Diego, California, USA. © Chris Elise

I love LA

23 march 2009: Daisuke Matsuzaka of Japan is named World Baseball Classic Most Valuable Player as he poses with the trophy during the 2009 World Baseball Classic final game at Dodger Stadium in Los Angeles, California, USA. © Chris Elise

Direction Los Angeles pour le Final Round, en voiture le long de la côte. Une ville que je connais à peine, pour  n’y avoir passé qu’une journée et une nuit 2 ans auparavant. Ce séjour me permettra à peine de la découvrir un peu plus. C’est une réalité de ce métier: de nombreux voyages, des milliers de miles parcourus, d’aéroports traversés, de nombreux et nombreuses pays et villes, non visités… Lorsque dans une semaine de reportage type, j’ai une journée complète, sans travail d’editing, sans avoir besoin de rattraper le sommeil en retard, je m’estime chanceux ! Voyager beaucoup, oui je le fais, mais c’est loin d’être du tourisme !

A Los Angeles, logeant dans un motel proche du Staples Center, j’aurais au moins eu l’occasion de repérer les lieux pour le jour où je viendrai shooter les Lakers à domicile. Point culminant de ce World Baseball Classic, ce final tour à Los Angeles, au Dodger stadium, me laissera un goût amer. Le stade est superbe, perché, dominant la ville. Le seul souci est que le Japon est présent aux phases finales… et qui dit Japon, dit cohorte de médias japonais qui sont traités royalement par la MLB. Le business est ainsi. Le marché asiatique est choyé par la MLB, chaque star japonaise attire l’intérêt du public et des médias japonais. Ainsi, les photographes japonais, en masse, obtiennent les meilleurs spots pour couvrir les matchs de l’équipe du Japon. Autant dire que derrière eux, et les photographes américains, un photographe européen est relégué dans les tribunes du stadium. Ce ne sont pas nécessairement de mauvaises positions, mais il est toujours préférable d’avoir quelques points de vue à hauteur de jeu. Ce qui me sera impossible à LA. Au final, après 2 demi finales, l’élimination des USA par le Japon et du Vénézuela par la Corée, le Japon l’emporte 5-3 en finale contre la Corée. Daisuke Matsuzaka est élu MVP (Most Valuable Player) du tournoi. Le Japon gagne ainsi les deux premières éditions de la World Baseball Classic, après avoir emporté la première en 2006.

Après trois semaines passées à l’étranger, plus d’un mois en tout à shooter du baseball sous différentes latitudes, toujours sous le soleil, pendant les mois frais (en France) de février et de mars, je pose enfin mes bagages chez moi… pour une semaine. A l’invitation de Xavier Rolland, dirigeant du club de baseball des Huskies de Rouen, je suis l’équipe en Italie. Rouen participe alors à la Coupe d’Europe des Champions, entre Anzio et Nettuno. Un plaisir de suivre des joueurs que pour la plupart je connais déjà pour les avoir photographiés lors de leurs sélections en Equipe de France. Et la belle opportunité de shooter un joueur dont j’ai tant entendu parler et qui vient alors de faire son retour sur un monticule: Robin Roy, l’un des tous meilleurs lanceurs de l’histoire du baseball en France. Après avoir vibré quelques semaines auparavant en suivant les Pays-Bas à la World Baseball Classic, je suis gâté avec Rouen qui termine troisième de cette coupe d’Europe. Au passage, le 1er avril 2009, Rouen devient la première équipe française de l’histoire du baseball à battre une équipe hollandaise, celle d’Amsterdam, 8 à 5. Je couvre une fois de plus un match historique, 2009 est pleine de ces surprises pour lesquelles je fais ce métier. Mention spéciale à Joris Bert, the First One (j’y reviendrai dans un autre post), qui frappe son premier home run en carrière avec Rouen face à Amsterdam.

18 April 2009: San Francisco Giants' starter Tim Lincecum pitches against the Arizona Diamondbacks during the San Francisco Giants' 2-0 loss to the Arizona Diamondbacks at AT&T Park in San Francisco, CA. © Chris Elise

« If you’re going to San Francisco…« 

Deux mois passés à shooter du baseball imposent une évidence : je pourrais passer une vie à couvrir ce sport ! Début avril, je ne ressens pas la moindre lassitude… et encore heureux car moins de 10 jours après mon retour d’Italie, j’embarque pour San Francisco, une ville superbe, à l’ambiance toujours sereine, et un ballpark sublime, l’AT&T Park, home of the San Francisco Giants. Longeant la baie de San Francisco, ce stade offre en son sein une promenade le long des champs droit et centre. D’un côté la baie de San Francisco, de l’autre le terrain. Ce ballpark est un joyau. Un bonheur n’arrivant jamais seul, durant mon séjour la température s’avère exceptionnellement chaude pour la saison, alors que les vents du Pacifique rafraichissent bien souvent la ville.

Sous un soleil de plomb, j’ai le plaisir de shooter Tim Lincecum, aka The Freak, mon pitcher préféré, et de mieux découvrir Pablo Sandoval, aka Kung-Fu Panda qui participent tous deux grandement au succès des San Francisco Giants. J’ai pu shooter Tim Lincecum depuis sa saison rookie, et suivre sa progression chaque saison est au nombre de ces plaisirs qui rendent ce métier hors du commun. Dans le même ordre, sans le savoir à l’époque, j’ai aussi shooté lors de ce mois d’avril la fin de carrière d’une légende, Randy Johnson. Tout est toujours idyllique à San Francisco ! Outre la ville, son ambiance, son charme, sa quiétude, un photographe de sports a le loisir d’y couvrir deux équipes de baseball – les Giants  et les Oakland A’s – deux équipes NFL – les 49ers et les Raiders d’Oakland – l’équipe NBA des Golden State Warriors, ou celle plus éloignée des Sacramento Kings, et enfin l’équipe des San Jose Sharks. Qui plus est un match à l’AT&T Park est l’occasion de croiser d’autres photographes américains, chaleureux et amicaux, toujours prompts à faire en sorte que vous ne vous sentiez pas perdus.

Mon (énième) retour en France en cette fin avril a une saveur particulière: pour la première fois depuis le mois d’octobre 2008, je n’ai pas de reportage à l’étranger en prévision ! Ce qui signifie que je vais pouvoir boucler mon projet entamé en novembre 2008 de mise online de mon stock complet d’archive photographique en baseball: Elise-Archive.com. Dès son ouverture, le site compte 10 000 photos online, un chiffre qui dépassera les 15 000 en quelques mois, le temps de terminer l’editing de mon stock. A terme, la grande majorité de ces photos de baseball a vocation à être accessible depuis ce blog, via mon site d’archive photographique général intégré: archive.42sportsimages.com. L’ensemble de mes photographies, depuis mes tous débuts, en 2006, sera consultable via ce site. Dans le même temps, je conclue un partenariat avec la Fédération Française de Baseball qui me reconnaît comme un partenaire officiel. C’est à ce titre que je suis amené à couvrir le Challenge de France à Montpellier fin mai 2009 (tournoi entre les 8 clubs du championnat Elite français, avec à la clé une place en coupe d’Europe pour le vainqueur). Avant cela, je n’aurais pas tellement décroché du baseball puisque le 29 avril 2009, je couvre à Rouen le Try-Out MLB, une journée de détection de jeunes talents organisée par la MLB dans le cadre d’une tournée annuelle européenne. A l’issue de cette journée, plusieurs joueurs seront sélectionnés pour participer à un camp d’été de la MLB en Italie.

9 june 2009: Orlando Magic Mickael Pietrus dunks past Los Angeles Lakers Kobe Bryant, during game 3 of the NBA Finals, at Amway Arena, Orlando, Florida, USA. © Chris Elise

Where Amazing Happens

Ce mois de mai encore très baseball s’achève avec le début des Internationaux de France de Roland Garros. Pendant cette quinzaine, c’est au rythme de la balle jaune que je vais passer mes journées. Comme souvent, le temps devient soudainement très clément à Paris durant ce tournoi. Et les points de vue pour shooter ne manquant pas sur les deux courts principaux, Roland Garros s’avère année après année un des événements à shooter que j’apprécie le plus.

Au milieu de la quinzaine, je m’absente deux jours pour shooter à Saint-Etienne un anecdotique France vs Nigeria en football. Ce déplacement sera marqué par une grande nouvelle:  la confirmation de mon accréditation pour les NBA Finals. Le basket étant avec le baseball le sport que j’aime bien au dessus des autres, l’opportunité de couvrir les Finals NBA est le point culminant de ma jeune carrière. Le plaisir de suivre Mickael Pietrus durant cette aventure s’ajoute à l’excitation. Depuis ses débuts aux Golden State Warrior, j’ai eu à de nombreuses reprises l’occasion de le shooter. A force de voir ma ganache au bord des parquets, Mickael s’est habitué à moi et j’entretiens avec lui des liens amicaux, plus qu’avec n’importe quel autre joueur NBA. Mon affection pour l’homme et le joueur est sincère et réelle. Couvrir ses premières Finals est un cadeau. C’est donc heureux et confiant que je décolle début juin pour Orlando.

L’affiche des NBA Finals 2009 oppose Orlando aux Los Angeles Lakers. Logé à 10 minutes à pied de la salle, je suis plongé au coeur de l’événement jusqu’au sacre des Lakers. Raconter l’ambiance des Finals mérite un post unique… c’est prévu. Les Lakers gagnent le titre, Kobe Bryant est enfin sacré sans le Shaq. Et je sais d’ores et déjà qu’il me faudra très vite retrouver cette folie, cette ambiance électrique, en couvrant de nouveau les Finals, ou des matchs de playoffs.

Cette excitation, ces matchs où chaque action compte, chaque tir, chaque passe, je les retrouve dès mon arrivée en France en devant couvrir… les finales du championnat de basket de Pro A et de Pro B, au Palais Omnisports de Paris Bercy ! Yeah, showtime baby ! Je ravale mon ironie, qui est malhonnête puisque je peux toujours trouver beaucoup de plaisir à couvrir une finale de championnat, quel que soit le sport et le niveau. En outre l’ambiance à Bercy lors de ces finales est toujours excellente. Les fans des finalistes n’hésitent pas à faire le déplacement en masse, et savent se faire entendre. Au passage, on est bien loin des chants d’insultes que j’entends à longueur de rencontres dans les stades de football de Ligue 1… Le mois de juin se termine et avec lui débutent 2 semaines de vacances bien méritées puisque je n’en avais pas pris depuis…2007 !

Kobe Bryant of the Los Angeles Lakers looks dejected during game 3 of the 2009 NBA Finals, at Amway Arena, in Orlando, Florida, USA. © Chris Elise

24 july 2009: Laure Colmard and Steeve Gaudet perform during the Dance Sport event, in Kaohsiung, Taiwan. © Chris Elise

World Games 2009

Mi-juillet, destination Kaohsiung, à Taïwan, où je vais couvrir les World Games pour l’agence DPPI, qui est partenaire du Comité National Olympique et Sportif Français. Ces Jeux Mondiaux m’étaient totalement inconnus avant que DPPI ne me mandate pour les couvrir. Les World Games sont en quelque sorte les Jeux Olympiques du pauvre, dans le sens qu’ils regroupent des disciplines qui ne sont pas inscrits aux Jeux Olympiques. C’est pour ces sports une vitrine. Ainsi participer à ces jeux fait partie des critères d’évaluation utilisés pour sélectionner les nouveaux sports olympiques adopté par le CIO.

Durant deux semaines, je suis les athlètes français engagés dans des épreuves de canoe polo, d’escalade, de pétanque, de parachutisme, de billard,  de danse, etc. Une expérience riche, à la fois par la diversité des disciplines couvertes, les impératifs de production (mes journées sont très très longues, couvrant ces World Games seul, sans éditeur ni assistant) et par les nombreuses rencontres avec les membres du CNOSF et les athlètes.

Cette expérience m’aura aguerri dans l’optique de couvrir un jour les Jeux Olympiques.  Savoir enchaîner les disciplines, les sites, jongler avec les contraintes d’organisation, le planning des épreuves, gérer les délais, la pression, sont tout autant de compétences développées à vitesse grand V à Kaohsiung. Les World Games m’auront en outre donné l’envie de photographier de nouveau le plus tôt possible certaines disciplines que je découvre telles que la dance sportive, le ruban ou le ballon en gymnastique, le Jujitsu.

How sweet it is !

9 august 2009: Andy Paz, Team France Baseball, slides safely to score against Russia, in Bonn, Germany. © Chris Elise

Aucune équipe française n’étant engagée, je n’ai pas eu l’occasion de couvrir du softball, présent au programme, lors de ces World Games. Près de deux mois sans baseball, sans en photographier, en plein été ! C’est inadmissible et anormal ! Direction l’Allemagne, à Bonn, à l’invitation de la Fédération de Baseball, début août, pour les Championnats d’Europe de Baseball Juniors (moins de 18 ans). L’Equipe de France  Juniors est une sélection de joueurs que je connais soit pour les avoir suivi en club, soit en équipe de France des moins de 21 ans, soit dans les pôles France (à Cuba par exemple). Ils représentent l’avenir du baseball en France, et ce n’est pas qu’une jolie formule.

Deux ans auparavant, l’Equipe de France des moins de 21 ans, que j’avais suivi en Espagne, n’avait pas montré une forte cohésion de groupe. Aux premières heures de mon contact avec cette nouvelle sélection, je suis stupéfait par l’ambiance du groupe, sa dynamique, son esprit. L’encadrement, à commencer par Gerardo Leroux et Boris Rothermundt, a fait un travail remarquable. Dès les premiers matchs, ces juniors – menés par un encadrement à la hauteur – me bluffent par leur détermination, leur envie sur le terrain. Lors de cette compétition, la France s’impose comme une nation majeure du baseball européen, et cette équipe décroche la médaille de bronze au terme d’une campagne exemplaire. Après les Pays-Bas au World Baseball Classic, Rouen à la Coupe d’Europe, j’ai le privilège pour la 3e fois cette année de rendre compte de la joie et du bonheur d’un groupe de joueurs. Et les qualités de ces jeunes joueurs de l’Equipe de France me promettent de belles aventures à suivre à leurs côtés dans les années à venir.

Avec plusieurs joueurs français, nous nous retrouvons à Tirrenia, en Italie pour finir ce mois d’août à la MLB Academy. 53 joueurs de baseball d’Europe et d’Afrique, sélectionnés suite à des try-out, courant du premier semestre 2009, vont être encadrés et coachés par des cadres de la MLB. Pendant quelques jours, je travaille pour la MLB à photographier en jeu un maximum de ces jeunes talents, à réaliser une série de portraits. Certains ont d’ores et déjà signé pour un club MLB, d’autres sont scrutés par les scouts présents, suivis année après année dans leur progression. Parmi ces joueurs, lesquels feront un jour leurs débuts en Major League ? Être témoin de leurs débuts est quoiqu’il en soit un privilège. Auquel s’ajoute l’opportunité de rencontrer des légendes de ce sport, du staff de la MLB: Leroy Smith ou Barry Larkin en tête.

05 September 2009: French forward and captain Thierry Henry celebrates after scoring during the World Cup 2010 qualifying football match France vs. Romania (1-1), at the Stade de France stadium in Saint-Denis, near Paris, France. © Chris Elise

Soccer sucks

Au retour d’Italie, je retrouve le Stade Pershing de Paris (Vincennes), pour les Interligues 2009, un tournoi de jeunes enfants et adolescent(e)s sur 3 jours. Ces enfants et leur plaisir de jouer ravivent mon envie d’aller couvrir un jour les Little League Baseball World Series. Possible que je le mette au programme en 2010. J’enchaîne, début septembre, avec quelques portraits, pour le magazine Reverse, de Lebron James, de passage à Paris pour une tournée promotionnelle. Puis visite au Stade de France pour un match de football, France vs Roumanie, juste après avoir couvert le premier match des finales du championnat français Elite de baseball entre Rouen et Savigny.

Le reste du mois de septembre et le début octobre seront à l’image de cette année 2009 : baseball. C’est le début de la World Cup de baseball organisée par l’IBAF (International Baseball Federation). Je rejoins la compétition au second tour, entre Rotterdam et Amsterdam. Une fois réglés les problèmes avec l’organisation (mon accréditation n’est pas disponible à mon arrivée, ni pendant les 24 heures suivantes…), cette World Cup se déroule…paisiblement. La ferveur et l’enthousiasme d’un World Baseball Classic manquent à cet événement peu suivi par les fans, peu couvert par les médias. Le dernier tour m’emmène à Nettuno en Italie, pour assister à la victoire de l’Equipe des USA sur Cuba, 10 à 5.

Retour en France à Savigny pour conclure les finales du championnat français Elite de baseball. Au programme: rencontres somptueuses, actions d’éclat, équipes conquérantes, et à la fin… c’est Rouen qui gagne. Concluant de la plus belle manière leur saison, les Huskies de Rouen emportent leur 6e titre depuis 2003. J’aurais eu plus de plaisir à couvrir ces matchs qu’à shooter l’Equipe de France de football au Stade de France. Certes, je ne suis pas un grand amateur de football, mais l’implication, l’enthousiasme et la volonté des joueurs de Savigny et de Rouen auront fait de cette série un grand moment de sport.  Ces joueurs sont de haut niveau. Parfois au bord d’un terrain de ligue 1, je me demande quel enchainement d’événements a pu conduire tel ou tel joueur à devenir (et rester) professionnel.

19 November 2009: Fight between Djamel Selini (right) and Tarik Khaidouri (left) during the Grand Tournoi boxing semi finals event at Cirque d'Hiver in Paris, France. © Chris Elise

Fight !

La ligue 1, je vais pourtant devoir m’y coller en cette fin de mois d’octobre, en suivant plusieurs équipes du Nord de la France: Lille, Lens, Valenciennes. Le 18 novembre 2009, détour par le Stade de France, pour le match France vs Irlande et la fameuse main de Thierry Henry, main que je n’aurais pas en photo, gêné de ma position par un défenseur irlandais. Pour une fois qu’il se passait vraiment quelque chose lors d’un match de l’Equipe de France… rageant, frustrant !

Sentiments contrebalancés dès le lendemain en couvrant pour la première fois une rencontre de boxe à Paris. Aimer un sport, et prendre autant de plaisir à le photographier qu’à le regarder, est une combinaison rêvée. D’autant plus lorsque les conditions de travail sont bonnes, et que les premiers résultats ne sont pas décevants. Ce Grand Tournoi au Cirque d’Hiver à Paris est tout ce que j’imaginais de combats de boxe: tension, intensité des affrontements, respects des boxers. Le noble art est assez délicat à photographier, mais quasiment chaque instant est propice à une image intéressante. Vivement la prochaine rencontre en 2010.

Da’ Bulls

Le football sera l’essentiel de mon programme pour le reste du mois de novembre et le début décembre. Le Losc (Lille Olympique Sporting Club) réalise un très bon début de saison, et leurs matchs sont plaisants. La fin de l’année approche, et je vais la conclure comme je l’ai débutée par un reportage NBA. Deux semaines à Chicago, à retrouver mes chers Chicago Bulls (et mon hôte j’ai nommé Yo, He Pilo’ !) pour une longue série de matchs à domicile, au United Center. Au passage j’en profite pour shooter les Chicago Bears face au Green Bay Packers, dans un Soldier Field (le stade des Bears) boueux et froid. Les Bears n’étant plus que l’ombre de la grande équipe qu’ils furent dans les années 80, couvrir l’un de leur match n’est pas un très grand moment de sport… Le match  – vide d’éclats – se soldera d’ailleurs par une défaite.

21 December 2009: Close view of Chicago Bulls center Joakim Noah shoes, brand name Le Coq sportif. © Chris Elise

Au United Center, les Celtics et les Lakers sont au programme des adversaires de Chicago.  L’occasion de jauger du niveau de deux finalistes potentiels en juin 2010. Les Lakers, renforcés par l’arrivée de Ron Artest, sont impressionnants, et me remontent à la  surface des souvenirs des Bulls de la grande époque. Même en réalisant un match moyen, voire mauvais, cette équipe de LA trouve les ressources pour s’assurer de rester à portée de victoire, et réussissent à gagner le match dès lors que l’équipe en face ne leur oppose pas leur meilleur basket. (victoire  96 à 87 des Lakers). Les Celtics n’auront pas plus de mal en corrigeant les Bulls 106 à 80.

Durant toute cette série, les Bulls ne sont pas au rendez-vous de ces rencontres. Ils réalisent un début de saison, et un mois de décembre, calamiteux. Le point bas de cette série à domicile sera une défaite face aux Sacramento Kings alors que les Bulls menaient de… 35 points ! Joakim Noah montre en revanche des signes d’optimisme en ne faiblissant jamais d’intensité, dominant ses adversaires directs au rebond. Ne lui manque plus qu’une plus solide palette offensive. Sur son envie, son mental, je parierais désormais qu’il deviendra un pivot majeur.

Ce cycle de défaite n’entame pas mon enthousiasme : faire des photos au United Center est toujours un plaisir, les Bulls étant depuis près de 20 ans mon équipe favorite. Cette salle moderne est chargée de l’histoire des Blackhawks (NHL) et bien entendu de celle des Bulls. Les positions de shoot sont excellentes, les conditions de travail pour les médias sont bonnes, l’organisation professionnelle et cordiale. Lever les yeux vers les hauteurs de la salle et observer les bannières des titres de ces équipes, les maillots retirés – dont ceux de Jordan et Pippen – me file toujours des frissons. Le United Center est LA salle NBA dans laquelle je préfère être.

La vidéo d’introduction des Bulls passe en revue 44 ans d’histoire de la franchise, les vidéos sur Chicago, les fans, les joueurs,  se succèdent, le United Center est soudainement plongé dans l’obscurité, Benny Da’Bull apparait au milieu d’un halo de lumière, portant haut les couleurs des Bulls… puis vient l’introduction du 5 Majeur… Nous sommes le 21 décembre 2009, il est 19h08, je savoure cet instant, le dernier match à Chicago de cette année 2009, l’avant dernier match de l’année (le dernier sera le All Star Game de basket à Bercy le 30 décembre), au bord du parquet n’ai je pas la meilleure place dans la salle…? Game on !

21 December 2009: Chicago Bulls forward Taj Gibson grabs a rebound during the Sacramento Kings 102-98 victory over the Chicago Bulls at the United Center, in Chicago, Illinois, USA. © Chris Elise.

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12 Responses to “2009, on the road”

  1. Kevin dit :

    Wouah. Les photos sont superbes !!

    J’aime vraiment =)
    Comment vous faites pour avoir des photos « déformées » ? Enfin pour que les conditions de Gausse ne soient pas respectées..

  2. Merci Kevin.
    Utilisation d’un objectif, en l’occurrence Canon 15mm 2.8, dit fisheye, qui donne ces résultats déformés, comme lorque tu regardes à travers un judas par exemple.

  3. PhilG dit :

    Pouahhh tes photos m’ont donné une vrai claque, elles sont vraiment très très belles tes photos.
    Merci

  4. Seb dit :

    la photo du stade est magnifique

    tu pourrais creer une section fond d’écran ?

  5. matth dit :

    Superbes images !!

  6. Cap-Killah dit :

    beau travail, et gros respect pour ta patience pour prendre des clichés superbes !!

  7. Greg dit :

    Superbes photos !! Tu fais le job que j’ai toujours rêver faire, mais que j’ai du mettre de côté pour cause de vol de « matos ». Ton travail me mets des claques.

  8. Merci pour les derniers commentaires !

    @Seb: c’est délicat à mettre en oeuvre car cela signifie mettre à disposition gratuitement des photos haute définition (au vu de la taille et résolution des écrans)… Et j’ai du mal à m’y résoudre.

    @Greg: :-( moche ça… J’imagine bien car un vol de matos mettrait vraiment en péril mon activité… Et dans bien des conditions, se faire dédommager à hauteur du préjudice est très utopique.

  9. Guillaume dit :

    Pfiou, super article, comme tous les autres..! C’est vraiment super d’allier photos-de-malade et article-qui-fait-vibrer !

    Le fait de couvrir plusieurs sports dans différents pays est aussi, à mon goût, le gros plus de ton activité =)

    Merci de nous faire partager ces moments !

    Guillaume

  10. roy dit :

    Bonjour christoph sil vous plais jaimerai revoir mes photos des interligues 2009 a paris repondez moi sil vous plais

  11. Elles ne sont plus online pour l’instant. Je les remettrai peut-etre.

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